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Sécurité, entretien et contrôle technique des ascenseurs

N° 2004-36 / À jour au 18 décembre 2014


La sécurité, l’entretien et le contrôle technique des ascenseurs ont fait l’objet d’une réglementation dense, mise en place en deux temps.

Dans un premier temps, le décret du 24 août 2000 relatif à la mise sur le marché des ascenseurs, a transposé la directive européenne du 29 juin 1995 adoptée pour faciliter le rapprochement des législations des Etats membres dans le domaine de la sécurité des ascenseurs. Il fixe les exigences de sécurité pour l'installation des ascenseurs neufs.

Dans un second temps, la loi Urbanisme et Habitat du 2 juillet 2003 a introduit dans le code de la construction et de l'habitation des dispositions relatives à la sécurité des ascenseurs dans le parc existant (CCH : L.125-1 à L.125-2-4). Les conditions d'application ont été précisées par le décret du 9 septembre 2004 (CCH : R.125-1 à R.125-2-8), et par trois arrêtés du 18 novembre 2004 (JO du 28.11.04) relatifs :

  • aux travaux de sécurité à réaliser dans les installations d'ascenseurs ;
  • à l'entretien des installations d'ascenseurs ;
  • aux contrôles techniques à réaliser dans les installations d'ascenseurs.

Le décret du 7 mai 2012 (JO du 8.5.12) a introduit des dispositions relatives à la qualité de l’entretien et aux contrôles techniques dès le 1er juillet 2012, à l'exception de celles relatives à : 

  • la mise à disposition des outils spécifiques de maintenance pour les ascenseurs installés avant le 27 août 2000 (CCH : R.125-2-1-1 I 2° et 3°), applicable depuis le 1er  juillet 2013 ;
  • la mise en conformité des contrats d’entretien en cours, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2015 au plus tard.

L’arrêté du 7 août 2012 (JO du 15.8.12) précise les modalités d’application du décret du 7 mai 2012 et abroge l’arrêté du 18 novembre 2004 relatif aux contrôles techniques à réaliser dans les installations d’ascenseurs. À l'exception d’une disposition (obligation du contrôleur technique de communiquer les anomalies recensées- cf. § « Bilan ») qui est entré en vigueur le 1er janvier 2014, les autres dispositions étaient applicables depuis le 1er octobre 2012.

Dans son ensemble, le dispositif de sécurité se décompose en trois parties :

  • mise en sécurité des ascenseurs ;
  • entretien et contrôle technique ;
  • droit d'information des occupants de l'immeuble.

Mise en sécurité des ascenseurs

Champ d'application (CCH : R. 125-1)

Sont concernés les appareils desservant de manière permanente les bâtiments et les constructions dont la vitesse excède 0,15 m/s.
Il s'agit notamment des ascenseurs des bâtiments d'habitation et des immeubles de bureaux. Les appareils de chantier sont exclus.

Objectifs de sécurité (CCH : R. 125-1-1)

Le propriétaire d’un ascenseur doit s’assurer que son installation respecte les objectifs de sécurité prévus par la loi. Il doit notamment veiller à ce que l’accès à l’ascenseur soit sans danger ou mettre à disposition des usagers des moyens d’alerte et de communication avec un service d’intervention (cf. liste complète : CCH : R. 125-1-1).

Dispositifs de sécurité (CCH : R. 125-1 à R. 125-1-4)

La réalisation des objectifs de sécurité repose sur le respect d'exigences de sécurité particulières selon la date d'installation de l'ascenseur :

  • pour les ascenseurs installés après le 27 août 2000, celles du décret du 24 août 2000 : art. 3 / CCH : R. 125-1-1 ;
  • pour les ascenseurs installés avant le 27 août 2000, celles des articles R. 125-1-2 et R. 125-1-3 du code de la construction et de l’habitation ;
  • et, pour tous les ascenseurs, le respect des obligations d'entretien et de contrôle prévus aux articles R. 125-2 à R. 125-2-6 du code de la construction et de l’habitation.

Si l'ascenseur ne répond pas à ces objectifs, le propriétaire doit mettre en place différents dispositifs de sécurité dont les prescriptions techniques sont précisées (arrêté du 7.8.12 abrogeant l’arrêté du 18.11.04 relatif aux contrôles techniques à réaliser dans les installations d'ascenseurs).

Pour les ascenseurs installés avant le 27 août 2000, trois phases de réalisation de ces travaux de mise en sécurité sont prévues (CCH : R. 125-1-2 / loi MLLE du 25.3.09 : art. 15) :

  • au 31 décembre 2010 (décret du 28.3.08 : art. 1) ;
  • au 3 juillet 2014 (décret du 25.7.13 : art. 1) ;
  • au 3 juillet 2018.

Des précisions et des aménagements ont été apportés par voie règlementaire :

  • pour la seconde phase de travaux (à réaliser au 3.7.14), il est notamment prévu pour ascenseurs des établissements recevant du public, installés avant le 1er janvier 1983, la réalisation de travaux dits de précision d'arrêt, destinés à prévenir le risque de chute dû au décalage entre plancher de cabine et palier d'étage (CCH : R.125-1-2 / décret du 25.7.13 : art. 1) ;
  • pour la troisième phase de travaux (à réaliser avant le 3.7.18): l’obligation de mise en sécurité des ascenseurs installés avant le 27 août 2000 a été allégée (décret du 21.10.14) : l’obligation d’installer, dans les ascenseurs électriques à adhérence, un système de protection contre la vitesse excessive de la cabine en montée a été supprimée. Désormais, seule demeure l’obligation de prévoir, dans les ascenseurs installés avant le 31 décembre 1982 des établissements recevant du public (ERP), un système de contrôle de l’arrêt et du maintien à niveau de la cabine, à tous les niveaux desservis.
Mesures équivalentes (CCH : R. 125-1-3)

Le propriétaire d'un ascenseur peut à la place de ces dispositifs de sécurité mettre en œuvre des mesures équivalentes ayant préalablement fait l'objet de l'accord écrit d'une personne habilitée à réaliser le contrôle technique. Cet accord est remis au propriétaire et est assorti d'une analyse de risques établissant que l'ascenseur satisfait aux exigences de sécurité.

Dérogations (CCH : R. 125-1-4)

Le propriétaire qui estime que les caractéristiques de l'ascenseur rendent impossible la mise en œuvre d'un dispositif de sécurité ou d'une mesure équivalente, fait réaliser une expertise technique par une personne habilitée à réaliser le contrôle technique. Cette personne donne son avis sur l'impossibilité invoquée et s'il y a lieu sur les mesures compensatoires proposées par le propriétaire.
Cette procédure peut aussi être utilisée lorsque le propriétaire estime que la mise en œuvre d'un des dispositifs est de nature à faire obstacle à l'accès des personnes handicapées ou à mobilité réduite, ou à porter atteinte à la conservation du patrimoine historique.

Entretien et contrôle technique

Entretien

Modalités (CCH : R. 125-2)

L'entretien d'un ascenseur a pour objet d'assurer son bon fonctionnement et de maintenir le niveau de sécurité. Le propriétaire d'une installation d'ascenseur doit réaliser des opérations et vérifications périodiques (vérification toutes les six semaines de l'efficacité des serrures des portes palières etc.) et occasionnelles (réparation ou remplacement des petites pièces etc.).
Lorsque des pièces importantes de l'installation sont usées, le propriétaire fait procéder à leur réparation ou à leur remplacement si elles ne peuvent être réparées.
L'entretien est assuré par un prestataire de services ou par le propriétaire lui-même (CCH : R. 125-2-3).

Contrat d'entretien (CCH : R. 125-2-1)

Le propriétaire doit passer un contrat écrit avec une entreprise dont le personnel chargé de l'entretien doit avoir reçu une formation appropriée dans les conditions prévues aux articles R. 4543-14 à R. 4543-18 du code du travail (décret du 7.5.12 : art. 2).

Ce contrat d'entretien doit contenir au minimum certaines clauses limitativement énumérées portant, notamment, sur la durée du contrat, le prix et les modalités de révision, la clause de résiliation (cf. § «Clause de résiliation») et les pénalités (CCH : R. 125-2-1 modifiée par décret du 7.5.12).

Le contrat doit prévoir (CCH : R. 125-2-1 modifiée par décret du 7.5.12 : art. 2) :

  • d’une part les modalités d'information et de communication permettant la présence d'un représentant du propriétaire en vue de tout échange d'informations utiles lors des visites régulières du technicien d'entretien ;
  • d’autre part, les modalités de mise à disposition du personnel compétent pour accompagner le contrôleur technique pendant la réalisation du contrôle technique obligatoire.

La description, établie contradictoirement, de l'état initial de l'installation ainsi que le plan d'entretien sont annexés au contrat.

Sur demande du propriétaire, le contrat fixe également les conditions pour que soit établie une description de l'état final de l'installation dans les deux mois précédant l'échéance du contrat ou sa résiliation.

Les références du contrat d'entretien doivent être inscrites dans le carnet d'entretien de l'immeuble en copropriété (arrêté du 18.11.04 relatif à l’entretien des installations d’ascenseurs : art. 3).

En cas de changement de prestataire, un état des lieux initial et contradictoire de l'installation doit être dressé entre le propriétaire et le nouveau prestataire et annexé au nouveau contrat (arrêté du 18.11.04 relatif à l’entretien des installations d’ascenseurs : art. 4).

Toute modification du contrat d'entretien doit faire l'objet d'un avenant (arrêté du 18.11.04 relatif à l’entretien des installations d’ascenseurs: art. 7).

En fin de contrat, la notice d'instruction est remise au propriétaire ainsi que tous les éléments d’information communiqués au prestataire lors de la signature du contrat (cf. § «Information »).

Durée (CCH: R. 125.2-1 I b)

Le contrat d'entretien est conclu pour une période d'un an minimum.

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