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POURQUOI RESTE-T-IL DES PRETS CONVENTIONNES "HORS PAS" ?
POURQUOI RESTE-T-IL
DES PRETS CONVENTIONNES "HORS PAS" ?
ANIL,
Habitat actualité, janvier 2000
Etude réalisée avec le concours de l'Observatoire
des Pratiques du Conseil National de l'Habitat
Le prêt conventionné,
accordé à des emprunteurs dont les revenus se situent
au-delà des plafonds de ressources du PAS, n'est assorti
d'aucun avantage significatif, ni pour l'emprunteur, ni pour le
prêteur.
Dès lors, connaissant la forte réticence de la plupart
des établissements de crédit pour les prêts
réglementés, il est surprenant de constater que
le volume de production des prêts conventionnés "hors
PAS " a marqué une progression en 1999.
Comment l'expliquer ? Une interrogation préalable doit
porter sur la réalité de ces chiffres. En effet,
à l'occasion d'une étude conduite par l'ANIL en
1993, sur la mise en place du prêt conventionné sans
travaux, le constat avait été fait de l'absence
de données quantitatives fiables.
Une seconde question porte sur la part des prêts conventionnés
destinés à financer un logement neuf.
En effet, dans le neuf, le prêt conventionné est
doté de quelques atouts apparents :
- La réduction des frais d'hypothèques par le biais
de l'exonération de la taxe de publicité foncière
(soit environ 2 000 F) : pour convaincre le client de souscrire
un prêt bancaire, seul un privilège de prêteur
de deniers est inscrit, dont le coût est inférieur
de 1 000 F par rapport à l'hypothèque.
- La réduction de la taxe locale d'équipement, qui
profite à tous les logements respectant les normes du prêt
conventionné, quel que soit leur financement, mais qui
est parfois perçue comme attachée au prêt
conventionné.
Exemple : soit un pavillon de 80 m² de SHON en province dans
une commune ayant fixé un taux de TLE à 3 % :
. En PC : 80 x 1.700 x 3 % = 4.080 F.
. Si les normes du PC ne sont pas respectées : 80 x 3.260
x 3% = 7.824 F.
- L'image commerciale du prêt conventionné : les
promoteurs utilisent volontiers dans leur publicité le
terme " prêt conventionné", qui bénéficierait
de connotations commerciales positives. A cela s'ajoutent des
cas particuliers comme celui du Crédit Immobilier de France
qui est contraint de recourir au prêt conventionné,
dès lors qu'il intervient également en tant que
promoteur, puisque ses statuts limitent son activité au
logement "social", ou celui du Crédit Foncier
de France qui n'éprouve pas de réticence de principe
à l'égard des prêts conventionnés.
Il est donc logique que l'essor de la production de logements
neufs en 1999 se soit accompagné d'une progression du volume
des prêts conventionnés. En revanche, il est plus
difficile de comprendre les motifs du recours au "prêt
conventionné hors PAS", pour l'achat d'ancien. Le
filet de sécurité que constituerait le droit à
l'APL en cas de baisse de revenu ne semble pas pris en considération
par les prêteurs. En 1992, la volonté de contenir
le champ des prêts réglementés avait même
conduit les instances nationales d'un grand réseau à
recommander la suppression de l'avantage de taux dont bénéficiaient
encore les barèmes "prêt conventionné",
par rapport aux barèmes des prêts non réglementés
; l'observation des pratiques locales avait montré que
cette décision n'a pas été suivie dans toutes
les régions.
L'enquête conduite par les ADIL auprès de leurs partenaires
pour l'étude mentionnée plus haut, révélait
que, dans un bon tiers des départements, une différence
de taux subsistait en faveur du prêt conventionné.
Les entretiens conduits localement avaient permis d'expliquer
de plusieurs façons l'attitude qui consistait, pour une
agence locale de banque, à faire apparaître un taux
privilégié en faveur du prêt conventionné
:
- la force de l'habitude ;
- la volonté de profiter de la notoriété
relative du produit "prêt conventionné"
;
- le souci d'adopter une attitude concurrentielle face à
un autre réseau : le maintien d'un barème spécifique
pour le prêt conventionné est souvent justifié
par l'attitude de la concurrence locale. Ce que cette enquête,
conduite département par département, avait fait
clairement apparaître, c'est que le niveau des taux pratiqués
par les banques était fixé localement, en fonction
d'une concurrence locale limitée à un marché
déterminé et non d'une concurrence nationale ; l'offensive
réelle, ou supposée, d'un réseau sur un produit
particulier, en l'occurrence le nouveau prêt conventionné,
provoquait immédiatement une réplique, sous forme
de baisse de taux des autres établissements.
Aujourd'hui, les quelques éléments qui peuvent expliquer
la survivance du "prêt conventionné hors PAS",
semblent donc être :
- l'attrait du label "prêt conventionné"
en neuf, mis en avant par les promoteurs et l'avantage, résiduel
qui s'y attache ;
- l'attitude particulière du Crédit Foncier et du
Crédit Immobilier ;
- la concurrence dans une région déterminée
accrochée par un prêteur à un produit déterminé
;
- la force de l'habitude qui, en matière bancaire comme
en toutes choses, joue un rôle déterminant.
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