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ASSURANCES
LES ASSURANCES LIEES AUX
PRETS IMMOBILIERS : ETAT DES LIEUX
ANIL, Habitat actualité,
octobre 1998
Le niveau actuel des taux d'intérêts nominaux des prêts
immobiliers a pour conséquence de rendre très visible l'incidence
des frais annexes, assurances, hypothèques ou cautions qui pèsent
sur le coût de ces prêts.
L'assurance "décès, invalidité, incapacité
de travail " est aujourd'hui souscrite par plus 90 % des emprunteurs.
Le prêteur en fait une condition de l'octroi du crédit, il s'agit
bien d'une exigence du prêteur et non d'une obligation légale.
Cette assurance fonctionne de façon satisfaisante, même si des
problèmes existent quant à sa mise en oeuvre. Son coût
constitue un élément du choix global. Il est parfois exprimé
en francs pour 10.000 F empruntés, en pourcentage du capital restant dû
ou du capital emprunté : la seule comparaison possible est de calculer
l'incidence actuarielle de l'assurance sur le taux effectif global. Pour un prêt
type de 300 000 F sur 15 ans, à 7 % hors assurance, l'incidence
actuarielle de cette garantie est de 0,47 % pour les moins chères à
0,68 % pour les barèmes les plus élevés. Le pourcentage
le plus fréquemment observé, incluant les garanties " décès-invalidité
", et " incapacité de travail ", se situe aux alentours de
0,55 %, représentant 3,10 F pour 10 000 F empruntés.
Contrairement à l'assurance " décès " qui
intervient en capital, l'assurance "perte d'emploi " se
substitue partiellement à l'emprunteur pour régler au prêteur
tout ou partie de la mensualité pendant une période de chômage.
Cette garantie est limitée dans le temps. La vive concurrence que se
livrent les établissements de crédit interdit la prescription systématique
d'assurance perte d'emploi, même aux salariés du secteur privé.
Cette branche d'assurance souffre d'un déséquilibre dû non
seulement à la progression du chômage, mais aussi à un phénomène
d'antisélection : l'emprunteur, assuré potentiel, connaît
mieux le risque que l'assureur. Elle semble souscrite par près de 20 %
des emprunteurs immobiliers : il faut noter que selon le principal assureur, la
sinistralité augmente avec le niveau de remboursement, donc de revenu, ce
qui traduit le fait que plus un emprunteur est maître de son choix, plus
il envisage l'opportunité de s'assurer en fonction de son appréciation
personnelle du risque. Parmi les solutions envisagées pour lutter contre
l'antisélection, certains établissements fondent l'ensemble des
deux assurances en un " package " - assurance perte d'emploi et
assurance décès, invalidité, incapacité de travail -
plus facile à proposer à leurs clients. Le rôle des
assurances perte d'emploi est bien sûr curatif, lorsqu'il s'agit de les
mettre en uvre, mais il est aussi incitatif, lorsqu'il s'agit d'encourager
la décision des particuliers : il faut rassurer les inquiets, sans déstabiliser
les optimistes. C'est ce qui explique qu'une des principales nouveautés
apportées aux contrats réside dans l'offre de prestations annexes
d'aide à la recherche d'emploi : à noter qu'outre l'avantage réel
qu'il offre aux salariés, ce dispositif a pour intérêt
annexe d'éliminer de la garantie les personnes qui ne souhaiteraient pas
immédiatement reprendre un emploi. Les prestations offertes par
l'assurance perte d'emploi sont très diverses : les montants
d'indemnisation varient de 50 % à 80 % de l'échéance
contractuelle, ou s'adaptent étroitement aux modalités de
l'allocation unique dégressive versée par l'ASSEDIC, des limites
d'indemnisation maximale, valables pour toute la durée du contrat,
varient de deux ans à six ans, la durée dominante étant de
trois ans, la durée d'indemnisation par période de chômage
va de un an à trente-six mois maximum. Ceci explique que pour un prêt
type de 300 000 F sur 15 ans, à 7 % hors assurance, l'incidence
actuarielle s'étage entre 0,18 % et 0,88 %. Alors que la sécurisation
intégrée au prêt PAS va se mettre en place, avec le souci d'établir
une véritable complémentarité avec les assurances perte
d'emploi, il était intéressant de dresser un état des lieux
des garanties offertes et de leur coût. La sécurisation devrait
conduire à un recalibrage des prestations assurance perte d'emploi avec
le P.A.S., ainsi qu'à une baisse des tarifs. Il faut souhaiter que cette
baisse des tarifs soit suffisamment significative pour réduire l'antisélection.
L'étude analyse les garanties proposées par treize établissements
de crédit, parmi les principaux prêteurs immobiliers aux
particuliers, en matière d'assurance " décès-invalidité
" et de perte d'emploi. Dans les deux cas, il s'agit de contrats "
groupe " : le contrat est signé entre deux professionnels, le prêteur
et l'assureur, et bénéficie à un adhérent,
l'emprunteur. Les treize établissements analysés ont, en fait,
passé des contrats "groupe " avec trois compagnies d'assurance
: la CNP, l'UAP, SURAVENIR, et une mutuelle MUTLOG. Ces contrats ne sont pas
réglementés et leurs contenus varient fortement d'un établissement
à l'autre, y compris lorsque les compagnies d'assurance sont les mêmes.
La lisibilité et la comparabilité des offres souffrent de la
complexité accrue des produits proposés, tant au niveau des coûts
qu'au niveau des garanties apportées. Ainsi, l'emprunteur risque de ne
connaître les conditions de ses assurances que lors de la survenance du
sinistre.
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