Un
membre de votre famille ou un ami vous demande votre caution personnelle
pour garantir son propriétaire du paiement du loyer et de
l'exécution des autres obligations qui lui incombent.
En vous portant caution, vous vous engagez à payer à
la place de la personne que vous cautionnez, si elle ne peut faire
face elle-même au paiement de sa dette.
Il ne s'agit pas d'un simple engagement moral mais d'un acte qui
peut être lourd de conséquences pour votre situation
personnelle et familiale : ne vous engagez pas à la légère.
Le bailleur ne peut refuser votre caution au motif que vous ne possédez pas la nationalité française ou que vous résidez en dehors du territoire métropolitain.
PRENEZ BIEN
CONNAISANCE DE L'ACTE DE CAUTION
Vous
y trouverez certains termes qu'il vous faut bien identifier : vous
êtes la « caution » ; la personne pour
laquelle vous vous portez caution est le « débiteur
» ; le propriétaire-bailleur est le « créancier
».
L'engagement
de caution doit être écrit.
Dans la pratique, l'acte de caution est le plus souvent établi
« sous seing privé », c'est-à-dire signé
directement entre le bailleur et celui qui apporte sa caution.
Votre
caution peut figurer sur le bail, ou en annexe, plutôt que
dans un acte séparé : ainsi, vous aurez une meilleure
connaissance des obligations du locataire que vous cautionnez.
L'acte de caution peut aussi être établi par un notaire,
sous sa responsabilité : c'est alors un acte authentique.
Le notaire vous informe et vous conseille sur l'engagement que vous
allez prendre.
Dans tous les cas, demandez et conservez un exemplaire de l'acte
de caution que vous avez signé, s'il s'agit d'un acte sous
seing privé, ou une copie notariée, s'il s'agit d'un
acte authentique.
Le bailleur doit vous remettre un exemplaire du contrat de location.
L'acte
de caution doit obligatoirement comporter, écrit de la main
de la caution :
-
Le montant du loyer et les conditions de sa révision qui
figurent dans le bail.
- Vous
mentionnez une somme maximale (principal, intérêts,
frais et accessoires compris) au-delà de laquelle vous
ne cautionnerez pas ; même si la dette est supérieure,
il ne pourra vous être réclamé un montant
plus élevé.
- Vous
ne mentionnez pas de montant maximum : votre engagement est
alors plus étendu et non chiffrable. Chaque année,
le bailleur doit vous informer de l'évolution de votre
garantie. A défaut, vous ne serez pas tenu au paiement
des accessoires, frais et pénalités.
-
Une mention exprimant clairement que vous avez connaissance de
la nature et de l'étendue de votre engagement.
- La
reproduction de l'article 22-1 de la loi du 6.7.89 (alinéa
1)
«
Lorsque le cautionnement d'obligations résultant d'un contrat
de location conclu en application du présent titre ne comporte
aucune indication de durée ou lorsque la durée du
cautionnement est stipulée indéterminée,
la caution peut le résilier unilatéralement. La
résiliation prend effet au terme du contrat de location,
qu'il s'agisse du contrat initial ou d'un contrat reconduit ou
renouvelé, au cours duquel le bailleur reçoit notification
de la résiliation ».
Quelle
est la durée de la caution ?
Si vous vous engagez pour une durée déterminée
(par exemple, la durée du bail initial ou en cours, sous
réserve qu'elle soit précisée clairement) :
vous ne pourrez pas retirer votre caution avant le terme prévu.
Vous
pouvez prévoir par écrit, que certains événements
mettront fin à votre caution : par exemple, le divorce des
époux que vous cautionnez ou le décès du locataire.
Si le bail du locataire se poursuit alors que votre engagement de
caution est expiré, vous êtes dégagé
de vos obligations pour les sommes dues postérieurement à
cette date, à moins que le bailleur ne vous ait demandé
de signer un nouvel acte de caution.
Si vous vous engagez pour une durée indéterminée
ou non précisée (exemple : la durée du bail
sans précision de durée), vous pouvez retirer votre
caution à tout moment ; toutefois, elle ne prendra fin qu'à
l'expiration du bail en cours, qu'il s'agisse du bail initial, renouvelé
ou reconduit, au cours duquel le bailleur aura reçu votre
notification de résiliation. Vous serez donc tenu pour les
sommes dues jusqu'à l'expiration du bail.
Afin
d'éviter tout litige, vous avez intérêt à
notifier le retrait de votre caution de bailleur, par lettre recommandée
avec accusé de réception.
Si
vous ne vous manifestez pas avant l'expiration du bail en cours
: vous êtes engagé jusqu'à la fin de la période
qui fait suite au bail en cours, c'est-à-dire jusqu'à
la fin du bail renouvelé ou reconduit.
Votre
caution ne peut être refusée par le propriétaire
au motif que vous n'avez pas la nationalité française
ou que vous résidez en dehors du territoire métropolitain.
LA PERSONNE QUE VOUS AVEZ CAUTIONNEE NE REMBOURSE PAS SA DETTE 
Si le créancier de la personne pour laquelle vous vous êtes
porté caution est un professionnel, il doit vous informer
dès le premier impayé non régularisé
dans le mois de son exigibilité.
Dans tous les cas, à partir de la date à laquelle
il a signifié un commandement de payer au locataire, le bailleur
ou son représentant a quinze jours pour vous signifier ce
commandement.
Si ces obligations ne sont pas respectées, vous ne serez
pas tenu de payer des pénalités ou intérêt
de retard.
Vous bénéficiez des délais de paiement accordés
au locataire, le cas échéant.
Plusieurs
situations sont alors possibles, en fonction de la nature de votre
caution et du nombre de personnes qui se sont portées caution
:
Vous êtes caution simple
- Le
bénéfice de discussion vous permet de demander
au bailleur de poursuivre directement sur ses biens, la personne
que vous avez cautionnée.
Vous ne serez alors tenu de payer que si le débiteur est
insolvable ou si les poursuites contre lui échouent.
En
revanche, si l'acte de caution comporte une clause par laquelle
vous renoncez au bénéfice de discussion,
le bailleur pourra s'adresser à vous avant même d'avoir
effectué des poursuites contre le locataire que vous cautionnez.
- S'il
y a plusieurs cautions (renseignez-vous auprès du créancier)
: vous ne serez poursuivi que pour une part de la dette et le
montant total sera réparti entre les différentes
cautions, à moins que vous n'ayez renoncé au bénéfice
de division.
Vous êtes caution solidaire
- Vous
vous êtes engagé au même titre que la personne
que vous cautionnez ; le créancier peut à son choix
s'adresser à l'un ou l'autre.
- Vous
pouvez être poursuivi pour toute la dette dont le débiteur
est redevable, dans la limite des sommes pour lesquelles vous
vous êtes engagé.
- S'il
y a plusieurs cautions, chaque caution peut être poursuivie
pour l'ensemble de la dette, ou seulement la plus solvable, au
choix du créancier.
- Vous
bénéficiez ensuite d'une action directe contre le
débiteur.
Vous pouvez le poursuivre par tous les moyens légaux, vous
disposez des mêmes droits à son encontre que le créancier
initial.
QUELS SONT LES BIENS CONCERNES PAR L'ACTE DE CAUTION ? 
La
caution que vous avez donnée engage tous vos biens personnels,
vos revenus, salaires ou pensions, ainsi que votre logement s'il
vous appartient ; vous pourriez être privé de la majeure
partie de vos ressources (sauf d'un minimum égal au RMI).
Mesurez donc bien les conséquences financières de
votre engagement par rapport à votre patrimoine.
- Si
vous êtes marié sans contrat, sous le régime
légal, le créancier exigera probablement que votre
conjoint donne son consentement exprès à l'acte
de caution : dans ce cas, vos biens personnels et les biens communs
du ménage, notamment le logement de la famille, s'il dépend
de la communauté, sont engagés.
Les biens personnels de votre conjoint seront en principe épargnés
: par sécurité, il est conseillé de le préciser.
- Si
votre conjoint ne donne pas son accord exprès, seuls vos
biens personnels et vos revenus sont engagés.
Vous ne pouvez faire face à votre engagement de caution :
- Vous
pouvez demander au juge des délais de paiement.
- Vous
pouvez, sous certaines conditins, saisir la commission départementale
d'examen des situations de surendettement.
- Si
le débiteur pour lequel vous vous êtes porté
caution dépose lui-même un dossier à cette
commission, votre cautionnement doit être déclaré
à la commission par le créancier qui doit aussi
indiquer si votre caution a été engagée.
La commission qui constate votre cautionnement doit vous informer
de l'ouverture de cette procédure et vous pourrez lui faire
connaître vos observations.
LA FIN DE LA CAUTION 
L'engagement
de la caution prend fin en principe :
-
au terme prévu dans l'acte de caution, si celui-ci a fixé
une durée déterminée ;
- à
l'expiration du bail au cours duquel vous avez résilié
votre engagement si la durée de ce dernier n'était
pas précisée (cf. § « La durée
de la caution) ;
- au
remboursement total de la dette par le débiteur principal
;
- au
décès du débiteur garanti, si le contrat
principal disparaît avec lui ;
- à
votre décès si l'acte le prévoit ; dans le
cas contraire, vos héritiers sont en principe tenus de
payer.
Si
vous choisissez de ne pas prendre le risque de vous porter caution,
indiquez au locataire qu'il peut recourir soit à une garantie
Loca-pass du 1 % logement, soit à une garantie du Fonds de
Solidarité Logement du département, ou à défaut,
à une caution financière ou mutelle : l'ADIL l'orientera
vers les spécialistes appropriés.
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Les
informations qui figurent sur cette page concernent les cautions
données à compter du 31.7.98 pour les locations
de logements soumises à la loi du 6.7.89.
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AVANT DE
VOUS ENGAGER CONSULTEZ L'ADIL, ELLE VOUS AIDERA A APPRECIER LA PORTEE
DE VOTRE ENGAGEMENT ET VOUS ORIENTERA VERS LES SPECIALISTES APPROPRIES.
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