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Restriction de l'offre de crédit ou repli de la demande ?

Novembre 2008


Au 15 novembre 2008, la plupart des barèmes s’étagent entre 5 et 6 %, hors assurances et sécurité, pour un  prêt de 15 ans à taux fixe, soit une légère augmentation par rapport au trimestre précédent pour la majorité des établissements. Mais le débat public porte moins sur le niveau des taux que sur la réalité des restrictions de l’offre, c’est-à-dire sur la volonté des établissements de prêter aux ménages désireux d’accéder à la propriété.  A cet égard, une enquête rapide conduite auprès des ADIL et de leurs partenaires met en évidence le fait que plus que l’offre de crédit, c’est la demande qui fait aujourd’hui défaut. Ce constat rejoint celui de la Banque de France. Les ADIL sont plus fréquemment interrogées par des personnes engagées dans une opération et qui souhaiteraient la différer que par des ménages ayant des projets économiquement viables et qui se seraient vus refuser un prêt par un, voire par plusieurs établissements de crédit. La démarche de ces consultants peut être justifiée par une inquiétude sur l’avenir, le cas échéant par une crainte sur la revente d’un logement, mais elle est parfois motivée par le seul espoir de profiter d’une éventuelle baisse de prix pour renégocier les termes d’une transaction.

Il est vrai que la plupart des banques font preuve de moins d’agressivité que par le passé pour gagner de nouveaux clients et que certaines d’entre elles ont très légèrement accru leurs exigences en matière d’apport personnel ou supprimé de leur catalogue les prêts de très longue durée, mais ce n’est assurément pas là qu’il faut chercher la cause de la chute du nombre d’opérations. La crise financière est mondiale, et avec elle les difficultés qu’éprouvent les établissements à se procurer des liquidités, mais ses répercussions dépendent des caractéristiques des marchés du logement. Les banques françaises peinent à trouver des ressources, mais elles n’ont pas à faire face aux conséquences de risques excessifs qu’elles auraient fait prendre aux accédants dans les années passées. Alors qu’aux Etats-Unis et même en Grande Bretagne le nombre d’expulsions augmente très fortement, en  France, le taux d’impayés reste très faible et le nombre d’incidents de paiement signalés à la SGFGAS n’augmente pas. Hormis le manque de liquidités, qui pourrait inciter les établissements de crédit à ne servir que les meilleurs clients, rien sauf la crainte de la crise économique ne pourrait justifier un resserrement des conditions d’octroi des crédits à l’accession, mais c’est sur les décisions des ménages que cette crainte fait en premier sentir ses effets.

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