ADIL du Gard

Intégration de l’intelligence artificielle dans les pratiques techniques des ADIL : retour sur une formation inter-départementale

Date de publication : 23 avril 2026

Formation à l’intelligence artificielle en entreprise : ordinateur ADIL du Gard et présentation « IA Performer » sur écran lors d’un atelier professionnel.

Les 22 et 23 avril 2026, une partie des équipes des ADIL du Gard, de l'Hérault et du Tarn-et-Garonne se sont réunies pour deux journées de formation à l'intelligence artificielle. Cette session a conjugué apports théoriques et mises en pratique immédiatement transposables dans les missions des chargés d'étude et chargés de mission.

Une approche ancrée dans les réalités métier

Loin d'une initiation généraliste, la formation a été construite autour des situations que rencontrent concrètement les chargés d'étude dans leur quotidien : exploitation de bases de données territoriales, traitement de fichiers complexes, production de cartographies et d'analyses spatiales, ou encore mise en forme de résultats destinés à des partenaires institutionnels.

Cette orientation délibérément pratique a permis de dépasser la posture du « test curieux » pour installer un véritable réflexe d'usage, adossé à des cas identifiés collectivement au fil des deux journées.

L'IA comme assistant, pas comme expert

Un fil conducteur a traversé l'ensemble de la formation : l'intelligence artificielle ne se substitue pas à l'expertise des chargés d'étude. Elle l'assiste, la décharge des tâches chronophages et lui permet de concentrer son énergie sur ce qui exige un vrai regard analytique : l'interprétation des données, la mise en contexte territorial, la pertinence des indicateurs retenus…

Traitement de données, cartographie et automatisation

Les travaux pratiques ont mis l'accent sur les usages les plus proches des missions d'observation et d'analyse territoriale. Les participants ont expérimenté l'assistance à la rédaction de scripts de traitement de données, la génération automatisée de requêtes sur des bases open data, notamment via des connecteurs de type API et MCP, ainsi que le croisement de sources hétérogènes pour produire des indicateurs sur le marché du logement.

La cartographie a également été explorée, avec des applications concrètes autour du couplage entre outils d'IA et SIG comme QGIS : actualisation dynamique de couches de données, production de visualisations territoriales et croisement de sources géographiques pour affiner la compréhension des dynamiques locales.

Ces usages s'inscrivent dans une perspective plus large d'interopérabilité : faire circuler l'information de manière fluide entre les plateformes (data.gouv.fr, bases locales, observatoires départementaux) pour limiter les ressaisies et fiabiliser les chaînes de traitement.

Un usage responsable, attentif à l'impact environnemental

Les deux journées ont abordé avec sérieux la question de l'impact écologique de l'IA. Les chiffres sont édifiants : une requête adressée à un grand modèle de langage consomme environ dix fois plus d'énergie qu'une recherche web classique, et l'équivalent d'un demi-litre d'eau pour refroidir les serveurs. À l'horizon 2030, la consommation des centres de données pourrait doubler pour atteindre près de 945 TWh.

Ces données n'ont pas vocation à décourager l'usage, mais à installer une culture de sobriété numérique. Bien formuler un prompt dès le départ, éviter les itérations inutiles, réserver les requêtes les plus lourdes aux tâches qui le justifient vraiment : l'efficacité et la sobriété se renforcent mutuellement. La confidentialité des données a également été travaillée, avec des réflexes concrets à adopter pour protéger les informations sensibles traitées par les ADIL.

Ancrer les pratiques dans la durée

La formation s'est conclue sur quelques conseils pour que les acquis ne restent pas lettre morte : mobiliser l'IA dès qu'une tâche de traitement, d'analyse ou de production de contenu se présente ; alimenter une « banque de prompts » collective, enrichie à chaque nouveau cas d'usage découvert au sein de l'équipe ; envisager des projets à l'échelle régionale pour mutualiser les fruits de cette nouvelle expertise. 

Cette initiative inter-ADIL s'inscrit dans une démarche de montée en compétences du réseau, au service d'une meilleure connaissance des territoires et d'un accompagnement renforcé des politiques du logement, avec des professionnels mieux équipés, plus réactifs, et toujours pleinement responsables de leur expertise.

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